Paris, le 11 septembre 2026
PISA : Chute du niveau des élèves français, et si on regardait aussi du côté de leurs
yeux ?
Les résultats de l’enquête PISA 2025, publiés le 8 septembre par l’OCDE, confirment un décrochage
préoccupant des élèves français en lecture et en mathématiques. Pendant que le débat se
concentre sur les méthodes pédagogiques et les moyens alloués à l’Éducation nationale, le
Syndicat National Autonome des Orthoptistes (SNAO) rappelle un facteur trop souvent ignoré : un
enfant qui voit mal ne peut pas apprendre à lire, ni compter, dans de bonnes conditions. Or, le
dispositif de dépistage scolaire DP2O, porté par l’Assurance Maladie et l’Éducation nationale,
confirme qu’une anomalie visuelle concerne 1 enfant sur 4. Et si nous généralisons le dépistage
visuelle ?
Des résultats PISA parmi les plus bas jamais enregistrés
L’édition 2025 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves, qui a évalué plus de
760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays et économies, place la France à la 27e place du classement
général, avec 456 points en compréhension de l’écrit et 458 points en mathématiques — un score en
recul de 16 points, parmi les plus faibles enregistrés depuis la création de l’enquête en 2000. Face à
cette « alerte collective » largement commentée depuis mardi, le SNAO souhaite y ajouter une
dimension trop souvent absente du débat : celle de la vision.
La vision, un prérequis silencieux des apprentissages
Lire, écrire, copier au tableau, suivre une démonstration mathématique reposent sur une fonction
visuelle mature et bien corrigée — mais pas seulement sur une bonne acuité. Ces gestes mobilisent
aussi des compétences neurovisuelles plus larges : coordination des deux yeux, maintien du regard
sur une ligne, mouvements oculaires précis d’un mot à l’autre, coordination œil-main pour écrire. Un
enfant peut très bien voir net sur un tableau de lettres et présenter malgré tout un trouble
neurovisuel qui perturbe durablement sa lecture ou son geste graphique. C’est tout l’enjeu du bilan
orthoptique : vérifier la vue et évaluer le retentissement fonctionnel réel de ces troubles sur la
capacité de l’enfant à lire, écrire et compter en classe.
C’est précisément ce que confirme le bilan du dispositif DP2O, qui organise depuis 2021 un dépistage
de la vue par des orthoptiste à l’école en classe de petite section de maternelle: les troubles visuels
concernent 24 % des enfants en 2025 ( 7% pour les troubles du langage). Près de 40 000 enfants ont
bénéficié d’un dépistage visuel dans ce cadre sur la seule année 2025-2026.
Un dispositif efficace, mais encore loin d’être suffisant
Les orthoptistes peuvent réaliser ce bilan visuel des enfants en accès direct, sans ordonnance
médicale, à deux âges clefs — entre 9 et 15 mois, puis entre 2,5 et 6 ans, sur l’ensemble du territoire.
Mais un accès encore trop complexe, peu connu ainsi que le dispositif DP2O encore trop limité sur le
territoire limitent les chances des enfants de rentrer dans les apprentissages correctement.
Le SNAO appelle à reconnaître, dans les plans de lutte contre l’échec scolaire annoncés à la
suite de PISA 2025, le dépistage visuel précoce, dans toutes ses dimensions, y compris
neurovisuelles, comme un axe de prévention prioritaire et à améliorer l’accès à ces bilans
afin de fluidifier les parcours de soins, de réduire les coûts inutiles et d’éviter l’errance
médicale des familles.
« On ne peut pas parler sérieusement de niveau scolaire sans parler des yeux de nos enfants. Un
enfant qui voit mal n’est pas un enfant qui n’y arrive pas : c’est un enfant qu’on n’a pas encore
regardé comme il faut. Le bilan orthoptique a fait la preuve de son utilité : un trouble visuel
corrigé à temps, c’est un obstacle en moins sur le chemin de la lecture et des mathématiques. Il ne
manque plus que la volonté de le déployer partout, tout de suite », déclare Mélanie Ordines,
présidente du SNAO.
À propos du SNAO
Fondé en 1958, le Syndicat National Autonome des Orthoptistes défend et promeut la profession
d’orthoptiste et la santé visuelle de tous, du nourrisson à la personne âgée. Il regroupe des
orthoptistes exerçant en libéral, en établissement de santé et en cabinet d’ophtalmologie sur
l’ensemble du territoire français.
Contact presse
Mélanie Ordines
Présidente du SNAO
07 88 94 23 53 — presidence.snao@orthoptiste.pro